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Téléchargez le bulletin fourrages du 11 avril 2022

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Préserver ses prairies et valoriser au mieux l’herbe offerte, à son meilleur stade...

Rappel des stades repères de la végétation et de l’utilisation optimale correspondante (en degrés jours °Cj, d’après INRA, 2011)

STADE DE LA VEGETATION

FIN DEPRIMAGE

DEBUT EPIAISON

PLEINE EPIAISON

PLEINE FLORAISON

UTILISATION OPTIMALE DE LA PRAIRIE

Pâture sans amputer le rendement de la fauche ultérieure

Ensilage, enrubannage, fauche pour séchage en grange

Foin précoce

(bonne valeur alimentaire)

Foin tardif

(riche en fibres)

PT fertile et précoce (RGA, houlque)

500

700

800

900

PT / PP fertile (dactyle, fétuques)

800

1100

1200

PP / PN tardive (agrostis, pâturin commun)

900

1200

1500

1600

 

SITUATION AU 10 AVRIL 2022 :

D'après les relevés Météo France, les cumuls de températures varient de 578 (plateau de GER), à 741 degrés-jour (°Cj) (secteur BIARRITZ). Ils sont autour de 590 à LESCUN (en bas), LANNE et LARUNS ; 610 à OLORON, ASSON et PONTACQ ; 630 à UREPEL ; 670°Cj à UZEIN, ORTHEZ et LEMBEYE ; et 690 à SAINT JEAN LE VIEUX, AÏCIRITS, BIDACHE et MENDIVE. 
Les simulations de calcul pour la zone montagne donnent des cumuls autour de 545°Cj à 600m, 500°Cj à 700m, 460°Cj à 800m et 375°Cj à 1000m.

Après le net fraîchissement de la semaine dernière, les températures repartent à la hausse ; tous les voyants (chaleur sans excès, augmentation de la durée du jour, minéralisation, disponibilité en eau, …) sont désormais au vert pour la phase explosive de pousse qui débute sur la côte et sera visible cette semaine sur la majeure partie du département (plutôt en milieu de semaine prochaine sur UREPEL, OLORON, … ; et encore quelques jours plus tard sur GER).

PÂTURE :
Le 1er tour des parcelles est normalement à achever aux 500°Cj (pour les RG), plutôt 600°Cj pour les PP fertiles ou les prairies à dactyles / fétuques ; au-delà, il est en effet difficile de ne pas être débordé par l’herbe lors du passage suivant. Les sorties du bétail ayant probablement été adaptées ces jours derniers aux conditions météo, réserver 1 parcelle ou 2 à de la fauche ultérieure peut toutefois être superflue, la pousse ayant stoppé la semaine dernière ; à voir et ajuster, en fonction de sa situation. 
Le choix des parcelles à faucher en 1er est à porter sur celles le plus avancé en végétation (au-delà de 15 cm de hauteur d'herbe), et /ou avec le plus d'adventices (renoncules, rumex, …) ou de graminées médiocres, pour limiter leur montée à graines.

En zone montagne jusqu’à 700m, il convient de sortir du circuit de pâture les prés de fauche les plus précoces et/ou productifs, si l’objectif est d’y privilégier le rendement à venir en foin ; concentrer ainsi le passage du bétail sur les prairies dédiées cette saison à la pâture sera à faire cette fin de semaine à 800m. 
A l’inverse, prolonger le séjour des animaux au-delà du stade où le futur épi peut être brouté maximisera la valeur du fourrage à venir, au détriment de la quantité à faucher.

Les repères de pâture de 15 cm (hauteur moyenne de végétation à l’entrée des vaches ; plutôt 12 en ovins) et 5 (hauteur moyenne de sortie pour les vaches ; 4 en ovins) sont toujours d’actualité.

RÉPARER SES FAUCHES PRÉCOCES : 
Dans le contexte actuel de flambée des prix, y compris pour les correcteurs, il peut être stratégique de faire feu de tout bois, en mettant à profit tout créneau favorable à la constitution de stocks fourragers de valeur.
Même si la teneur en légumineuses d’un mélange compte, la MAT d’un fourrage est avant tout déterminée par son stade de développement au moment de la récolte.
Le meilleur compromis rendement / valeur alimentaire est à :

  • début épiaison des graminées majoritaires (#750°Cj pour des RGI)
  • fin montaison des céréales (début floraison des protéagineux) pour les méteils ((#900°Cj).

Ces 750°cj seront cumulés ce début de semaine sur la côte, mi-avril pour AICIRITS et PAU, plutôt vers le 22 avril sur OLORON et le 25 avril sur GER (source Météo France).

Quelle que soit la chaîne de récolte, l’objectif est d’atteindre une teneur en matière sèche optimale en un minimum de temps :
Pour les récoltes humides, il faut viser 30-35% MS pour un ensilage de graminées ou des méteils (plutôt 40-45% MS pour des légumineuses en pur), ou 45-50% pour un enrubannage (qui ne sera alors pas destiné aux brebis en lactation AOC). Du coup, il importera : 

  • d’intervenir en fin de rosée (pas de piégeage d’eau dans le fourrage)
  • de faucher à une hauteur régulière, préférentiellement à 6-7 cm (voire plutôt à 7-8 cm, pour ces récoltes de début de saison et/ou des légumineuses)
  • de préfaner suffisamment (cf. ci-dessous).

Et en particulier pour les ensilages, il faudra en plus de travailler rapidement et proprement, s’attacher à : 

  • la longueur de coupe de brins, à 3-5 cm (d’autant plus courte que le fourrage est sec à la récolte)
  • un tassement soigné : par couches de 10-20 cm ; avec le repère de 400 kg tasseurs / tMS /h (source ARVALIS)
  • un bâchage du tas rapidement après le chantier
  • un front d’attaque adapté, permettant un avancement de plus de 10 cm l’hiver et plus de 20 cm l’été.

ENSILAGES : POURQUOI PAS EN SANDWICH ? pour gagner en temps et en autonomie ...
Composé d’ensilages de maïs ET d’un autre fourrage, le silo sandwich permet d’optimiser
le stockage à la ferme et de mieux valoriser les surfaces d’herbe ou/et de dérobés. 
Les objectifs sont de : 

  • simplifier la distribution
  • limiter le nombre de silos
  • augmenter l’autonomie protéique (plus d’herbe dans la ration)
  • limiter les échauffements (1 seul silo ouvert) et faciliter la reprise
  • baisser la part de maïs ensilage dans la ration
  • améliorer l’équilibre de la ration.

Etalé sur 2 saisons de récolte, le chantier peut se résumer ainsi : 

  • au début du printemps : récolte de dérobé / d’herbe à ensiler
  • à l’automne : débâchage du silo et récolte du maïs à ensiler :
    • éviter un maïs ensilage trop humide (min. 33% MS), pour ne pas libérer de jus de fermentation
    • retirer l’herbe ensilée mal conservée, pour éviter les post-fermentations
  • l’hiver : distribution, pour diluer le % d’amidon sans avoir à ouvrir 2 silos.

Lors du chantier printanier, dans la perspective d’équilibrer au mieux la future ration distribuée, il convient d’estimer la hauteur d’ensilage d’herbe en fonction du volume du silo (sachant qu’il y a, par tassement, perte de 10 à 15% de hauteur d’herbe à l’ouverture en hiver).

Témoignages d’éleveurs …. 

  • GAEC MARTINE à LIVRON : « diluer le taux d’amidon avec 20% d’herbe dans la ration »

4 ha de dérobés « Protéolis (RGI trèfle vesce) en plus de ses surfaces en maïs ensilage 
1 silo de 470 m3 : 60 cm de hauteur d’herbe sur 2,2 m de hauteur totale
Système dessileuse simple.
Ration 32 kg lait : 45 kg MB ensilage maïs-herbe ; 2,5 kg tourteaux de soja ; 1,5 kg VL18 (complémentation au DAC).

« J’aimerais pouvoir en faire d’avantage mais manque de disponibilité de silos vides au printemps. Le seul inconvénient, c’est que ça demande un peu plus de travail lors des chantiers d’ensilage maïs ».
L’éleveur privilégie ce silo en période hivernale, lorsque les vaches ne pâturent pas, pour diluer l’amidon de ses ensilages maïs généralement très riches. Il ne constate pas de problème de butyriques, même sans utilisation de conservateurs.

  • François DESTUGUES à POUILLON : « Très adapté en système dessileuse simple »

6,5 ha de dérobés RGI, Trèfle, Vesce (sans conservateur) ; 15 ha de maïs ensilage
Silos de 500 m3 : 60 cm d’herbe (50 cm à la réouverture) sur 2,3 m de hauteur totale 
25% d’herbe dans la ration hivernale.

« Je ne reviendrais pas en arrière. Avec un unique silo ouvert, cela m’aide à éviter l’échauffement du front d’attaque et les problèmes de conservation sur un silo unique d’herbe. Et c’est très pratique et efficace, çà se mélange bien, même en dessileuse simple ». 

ESTIMER LE TAUX DE MS À PARTIR D’UNE POIGNÉE D’HERBE PRÉLEVÉE DANS L’ANDAIN :
(pressage pendant environ 1’) 

  • facile écoulement de jus : MS autour de 20%
  • écoulement à la torsion : MS de 20 à 30% (1j au champ par beau temps, andain conditionné)
  • aucun écoulement de jus mais la main est humide : MS autour de 35 %
  • plus d’humidité sur les doigts, même avec forte torsion : MS autour de 40 %
  • (2j au champ par beau temps : MS autour de 50%).

Contact : Marie Claude MAREAUX - CHAMBRE D'AGRICULTURE 64 - 05 59 80 69 92 - mc.mareaux@pa.chambagri.fr