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Téléchargez le bulletin fourrages du 14 juin 2022

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GROSSES CHALEURS ET PRAIRIES : POINTS DE VIGILANCE

Rappel des stades repères de la végétation et de l’utilisation optimale correspondante (en degrés jours °Cj, d’après INRA, 2011 ; cumuls des températures au 1er février)

STADE DE LA VEGETATION

FIN DEPRIMAGE

DEBUT EPIAISON

PLEINE EPIAISON

PLEINE FLORAISON

UTILISATION OPTIMALE DE LA PRAIRIE

Pâture sans amputer le rendement de la fauche ultérieure

Ensilage, enrubannage, fauche pour séchage en grange

Foin précoce

(bonne valeur alimentaire)

Foin tardif

(riche en fibres)

PT fertile et précoce (RGA, houlque)

500

700

800

900

PT / PP fertile (dactyle, fétuques)

800

1100

1200

PP / PN tardive (agrostis, pâturin commun)

900

1200

1500

1600

 

SITUATION AU 22 JUIN 2022 :

D'après les relevés Météo France, les cumuls de températures varient de 1430 (LESCUN, en bas), à 1700 degrés-jour (°Cj) (secteur BIARRITZ). Ils sont autour de 1465 à LANNE, GER et LARUNS ; de 1485 à UREPEL et OLORON ; 1510 à ASSON et PONTACQ ; de 1600 à SAINT JEAN LE VIEUX, MENDIVE, UZEIN, ORTHEZ et LEMBEYE ; et de 1630°Cj à AÏCIRITS et BIDACHE.
Les simulations de calcul pour la zone montagne donnent des cumuls autour de 1355°Cj à 600m, 1275°Cj à 700m, 1200°Cj à 800m et 1040°Cj à 1000m.

La pousse d'herbe dépend maintenant des ressources disponibles (dont l'eau) plutôt que des cumuls de température reçus. C’est là où le bât blesse actuellement : le manque d’eau est toujours marqué, et associé à des températures caniculaires ; pour l’heure, la pousse de l’herbe est à l’arrêt.
Le retour des pluies n’est prévu qu’à partir de cette fin de semaine, sous forme orageuse …


GROSSES CHALEURS ET PRAIRIES : POINTS DE VIGILANCE
Ce contexte de fortes chaleurs conduit à, voire accentue, un manque d’herbe à pâturer, avec potentiellement le non-renouvellement des stocks fourragers (et leur consommation anticipée) et le risque de dégradation de prairies en arrêt de végétation. 
Positions souvent adoptées par réflexe dans l'objectif de retarder au maximum l'affouragement, le libre accès au maximum de prés simultanément ou le retour trop rapide sur les mêmes parcelles sont ainsi de « fausses bonnes idées », conduisant au même effet délétère : le sur-pâturage.

En conditions sèches, il importe de veiller à ne pas trop « tirer » sur les pâtures. La mise en place du pâturage tournant devient alors, dans ces conditions limitantes, critique. Râper trop les prairies compromet en effet les repousses, ce qui aggrave un peu plus une situation de manque et la prolonge jusqu'au retour de conditions climatiques plus favorables.
En pratique, il est nécessaire de diviser les grandes parcelles pour mieux faire brouter les surfaces ainsi réduites et créer des parcs supplémentaires, permettant d'allonger significativement les délais avant retour du bétail, en adaptation au ralentissement de la pousse. Les hauteurs d'herbe disponible restent le critère pour ouvrir un parc aux animaux, à savoir les « seuils repère » de 10-12 cm de hauteur de végétation en entrée, et 5 cm en hauteur résiduelle de sortie.
Quand/si ces hauteurs d'herbe stagnent à 3-4 cm, les animaux doivent être maintenus et affourragés sur une seule parcelle « sacrifiée », disposant si possible d'une zone ombragée, ou rentrés.
Le temps de séjour sur un même parc est toujours à limiter à 4 jours maximum, comme lors de la pleine pousse printanière.

BILAN FOURRAGER
Faire un point sur l'état de ses stocks disponibles, et les comparer aux besoins du troupeau est aussi à prévoir, pour pouvoir prendre des mesures si nécessaire.

Les cultures dérobées sont ainsi une solution d'appoint de fourrages à ne pas négliger ; leur réussite est très dépendante des conditions lors de l'implantation. Le défaut actuel de pluviométrie n’est cependant pas propice à une bonne implantation ; le cas échéant (= manque de fourrages mis en évidence par le bilan fourrager), avoir les semences en stock permettra d'être réactif lors du retour des pluies.

Plusieurs espèces permettent une utilisation estivale ou plus tardivement en saison, pour la pâture ou les stocks : les moha, avoine brésilienne (ou diploïde ou rude), colza fourrager, sorghos multi-coupes, teff grass, RGI, cultivées pures ou associées à du trèfle d'alexandrie ou de la vesce, sont des options à envisager.

Contact : Marie Claude MAREAUX - CHAMBRE D'AGRICULTURE 64 - 05 59 80 69 92 - mc.mareaux@pa.chambagri.fr