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Téléchargez le bulletin fourrages du 3 mai 2021

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SITUATION AU 2 MAI 2021 :

D'après les relevés Météo France, les températures cumulées atteintes (comptées à partir du 1er février) varient de 843 (plateau de GER), à 1058 degrés-jour (°Cj) (secteur ANGLET) ; elles sont de 867 à LANNE EN BARETOUS, autour de 880 à ASSON, PONTACQ et LESCUN (en bas, à 495m alt.), autour de 895 à LARUNS et OLORON, 924 à UREPEL, 956 à UZEIN, 966 à LEMBEYE, et autour de 995°Cj à AICIRITS et BIDACHE.
Les simulations de calculs pour la zone Montagne, à partir des stations d'OLORON, de LARUNS (à 522m alt.), de LARRAU (à 1427m alt.), de MENDIVE et d'UREPEL donnent des cumuls atteignant les 810 °Cj à 600m, 755 à 700m, 700 à 800m et 595°Cj à 1000m.

Le retour à des températures plus clémentes et les quelques pluies de ces derniers jours ont  permis aux prés de reverdir. Même bienvenues, ces précipitations sont cependant encore insuffisantes et trop éparses pour combler le manque d’eau (2 à 3 fois moins que les quantités habituelles) de ces 3 derniers mois et lever les incertitudes concernant les quantités d’herbe disponibles.
Du coup, il reste impératif de favoriser les repousses, en étant vigilant quant aux hauteurs de végétation restant après passage des bêtes ou fauche (5, voire 6-7 cm si coupe d’herbe très épiée), quitte à freiner le passage des animaux sur les parcelles, en intensifiant la pâture instantanée (recoupage de la parcelle) ou en ajustant les fourrages complémentaires. 
En deçà de ces hauteurs de végétation, la repousse est plus poussive.

Des pâtures épiées pourront être valorisées sans trop de gaspillage par la pratique du topping (fauche préalable, avec préfanage d’1/2 à 1 journée de l’herbe, à l’entrée des animaux). L’herbe ainsi offerte est très appétente, pour peu qu’elle n’ait pas mouillé.

 

Stades repères de la végétation et de l’utilisation optimale correspondante (en degrés jours °Cj (cumulés à partir du 1er février, base 0 – 18°C) ; d’après INRA, 2011 :

 

STADE DE LA VEGETATION

FIN DEPRIMAGE (Epi 5 cm, ou E5)

Epi 10 cm

(E10)

DEBUT EPIAISON

PLEINE EPIAISON

PLEINE FLORAISON

UTILISATION OPTIMALE DE LA PRAIRIE

Pâture sans amputer le rendement de la fauche ultérieure

Fin transition alimentaire / 1er tour

Ensilage, enrubannage, fauche pour séchage en grange

Foin précoce

(bonne valeur alimentaire)

Foin tardif

(riche en fibres)

PT fertile et précoce (RGA, houlque)

500

500

700

800

900

PT / PP fertile (dactyle, fétuques)

600

800

1100

1200

PP / PN tardive (agrostis, pâturin commun)

900

1000

1200

1500

1600

 

Ces repères, indicatifs, sont donnés dans l’optique d’optimiser l’utilisation de l’herbe offerte ; au-delà, il est difficile de ne pas être dépassé par la pousse lorsqu’elle explose, même avec un pâturage « organisé ». Ils sont à combiner à la hauteur d'herbe disponible. Il importe cependant de ne pas attendre, pour les 1ères sorties en fin d’hiver, une hauteur de végétation supérieure à 7–8 cm (cheville).
La position du futur épi, à 5 ou 10 cm au-dessus du plateau de tallage (zone peu différente du niveau du sol) peut être vérifiée en coupant la tige dans le sens de la longueur.

DEROBEES ESTIVALES A ENVISAGER ?

Au vu de la situation (faibles volumes d’herbe disponibles jusqu’à présent, sur des prairies souvent très abîmées après les chenilles et avec des conditions encore limitantes en terme de pousse), il peut être prudent d’envisager des cultures dérobées pour cet été.
Plusieurs graminées estivales, peu sensibles aux stress thermique et hydrique, sont disponibles ; à gérer comme des prairies, elles peuvent être considérées comme "roue de secours" lors d'années sèches, avec leurs intérêts respectifs :

Les sorghos multicoupes :
Leur court cycle de végétation autorise rapidement (2 mois après semis) une utilisation fourragère polyvalente (pâture, affouragement, ensilage, enrubannage, foin), avec un bon potentiel de rendement et de repousse (jusqu'à 8 à 12 TMS / Ha, selon le nombre d'utilisations).
Appétents, leur valeur alimentaire équivaut à celle d'une fétuque élevée à fin épiaison / début floraison ; une variété PPS qui, parce qu'elle n'épiera pas, "passera" moins vite et/ou un type BMR (effet bénéfique sur la valeur énergétique) permettront de la maximiser.
Il en existe 2 grands types : les Sudan Grass et les Hybrides ; les 2 exigent le respect, pour chaque cycle, d’une hauteur minimum de végétation avant pâture (respectivement #40-50 et #50-60 cm), pour des questions de teneurs en un précurseur de l’acide cyanhydrique. Idéalement, les sorghos multi-coupes sont à pâturer avant que leur hauteur n'atteigne 100 à 120 cm (comme pour toutes les graminées, le stade épiaison marque une chute de la valeur alimentaire).

Les millet et moha :
Ces 2 espèces n’ont pas les restrictions de hauteur de végétation minimum avant pâture des sorghos. Leur utilisation est aussi polyvalente (pâture et stock), mais le fanage complet est malaisé, l’enrubannage leur convient mieux.
De valeur alimentaire moyenne mais équilibrée (UF #0,7 PDI #70), elles s’associent avantageusement à des trèfles annuels type Perse ou/et Alexandrie, ou à de la vesce. 
Leur potentiel de production (et de repousse concernant le moha) semble toutefois limité, par rapport notamment à des maïs précoces semés tard ou à des sorghos monocoupes (résultats de quelques plateformes régionales d’essais, en cultures après méteils récoltés immatures ; essais à renouveler toutefois pour s’assurer de la répétition - ou non - de ces observations).

Le teff (ou teff grass) :
Nouvelle arrivée sur le marché sur fourragères estivales, cette graminée originaire d’Ethiopie, à cycle très court (1ère utilisation possible dès 45j après semis, ensuite tous les mois) est productive et d’usage polyvalent : pâture ou stock. Gros atout : de toutes ces espèces estivales, c’est probablement la plus facile à sécher ; on peut avec elle envisager des stocks secs.
De bonne valeur alimentaire (mais qui évolue vite, au vu de son cycle de végétation), les plateformes régionales ont montré qu'elle était vraiment intéressante face aux graminées estivales habituelles : rendement assez constant, avec une bonne valorisation des précipitations estivales. 
Petit bémol cependant : ces plateformes n’ont pas montré de réussite des associations avec des trèfles annuels, possiblement aussi par manque d'expérience et de technicité pour la mise en place.... Autres expériences à renouveler.
La principale difficulté d’utilisation du teff tient à la taille de ses graines, minuscules. Le semis est donc à réaliser impérativement sur sol préparé finement (semis direct à proscrire, d’autant plus qu’elle est peu agressive ; le sorgho multicoupes sera plus adapté à ce mode d’implantation), avec rappui soigné. Des semences enrobées sont disponibles, pour faciliter le semis.

L’avoine rude (ou brésilienne ou diploïde) :
Très couvrante, appétente et de bonne valeur alimentaire (d’autant plus en association avec de la vesce ou le trèfle d’Alexandrie), l’avoine rude est aussi réputée productive.
Ce serait cependant l’espèce qui résisterait le moins à un été très chaud et/ou séchant.

Ces espèces peuvent être une solution à envisager, si besoin de stock ou/et de pâture estivale ; elles peuvent aussi permettre, dans un souci de lutte contre le salissement de prairies qui seraient souffreteuses (cf. succession d’épisodes à contraintes fortes depuis l’été dernier), de les refaire à l’automne.
La réussite d’une éventuelle implantation tiendra cependant impérativement au respect de leurs besoins : sol suffisamment réchauffé, avec humidité résiduelle nécessaire à une bonne levée.
 

Concours des Pratiques Agro-Ecologiques : appel à candidatures 
Dans le cadre du Concours Général, et organisé cette année en Vallée d’Aspe, les regards croisés d’un naturaliste, d’un apiculteur, d’une géographe et d’un agronome sur la « valeur » de prairies naturelles sous « contrainte pédo-climatique » … 
Renseignements et inscription : MC MAREAUX

 

Contact : Marie Claude MAREAUX - CHAMBRE D'AGRICULTURE 64 - 05 59 80 69 92 - mc.mareaux@pa.chambagri.fr