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Troupeau allaitant : gagner en autonomie alimentaire

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Dans le cadre de la Semaine de l’agroécologie, Agro Réseau 64 a organisé une après-midi technique chez Jean-Luc Péret à Uzan, rendez-vous consacré à l’autonomie alimentaire.

Jean-Luc Peret, éleveur avant tout, est en recherche constante de techniques, des cultures et des adaptations lui permettant d’améliorer un système centré sur le troupeau allaitant et l’utilisation de l’herbe. Il n’hésite donc pas à faire des essais, quitte à ne pas retenir toutes les modifications ainsi évaluées. Certaines font cependant maintenant partie intégrante de son système :

  • Le pâturage tournant,
  • La culture associée maïs/lablab,
  • Les cultures dérobées de méteils,
  • La culture de soja
  • Le groupage des vêlages sur deux périodes,
  • La litière avec dolomie.

 

Le pâturage tournant
Ses premiers pas dans le pâturage tournant ont été réalisés en 2014. Jean-Luc voulait mieux valoriser l’herbe pour un gain économique. Cela correspondait également au changement de race, l’éleveur optant alors pour la limousine avec l’objectif de vente en boucherie. Le système actuel, en paddocks de 3 jours, résulte d’essais et d’une évolution du parcellaire aménagé autour des bâtiments par des échanges de parcelles pour aboutir à un îlot de 26 ha.
Chemin et abreuvement ont été aménagés pour desservir les 28 paddocks ainsi créés, pour un troupeau conduit en 5 lots avec des vêlages groupés en deux périodes : début printemps et automne. L’exploitation de l’herbe est maximale avec des animaux à l’herbe de début mars à début décembre, sans besoin d’affouragement complémentaire sauf, le cas échéant, ponctuellement en été. Les prairies sont entretenues mécaniquement à la herse ébouseuse voire par fauche des refus, 1 à 2 fois par an.
Pour Jean-Luc, « le plus simple, c’est de faire les clôtures. Le plus compliqué a été la réflexion initiale, le dessin. Le chantier de clôtures a été long à réaliser, mais maintenant, pour bouger les vaches, c’est facile. Au niveau du troupeau, les vaches sont plus dociles, faciles à surveiller. De plus, mes charges ont largement baissé : j’utilise moins de concentrés, je fais moins au véto, j’ai vendu la mélangeuse, je consomme moins de GNR, etc. ».

Des cultures plus équilibrées
Jean-Luc cultive depuis trois ans du maïs associé à du lablab, une légumineuse tropicale qui utilise la céréale comme tuteur. « J’ai eu de très bons rendements, avec une bonne conservation et une bonne appétence pour les animaux. Le chantier d’ensilage est facilité par l’emploi d’une variété tardive de maïs et par l’enlèvement des rabatteurs de la machine ». La matière azotée totale (MAT) de l’ensilage est augmentée de 1 à 2 points par rapport à un ensilage avec maïs seul. « Mais en 2021, j’ai eu un problème de mouche du semis et le lablab a presque disparu. Ce sera un point à surveiller en 2022 ».
Autre culture complémentaire que Jean-Luc cultive depuis plus de 15 ans : le méteil. Pour des raisons de facilité d’utilisation, il est passé cette année à du méteil enrubanné. C’est un peu plus coûteux mais plus souple pour une utilisation ponctuelle en cours de saison. La composition des méteils est stable et maintenant fixée (40 kg d’avoine noire et 25 kg d’un mélange pois-vesce), ce qui offre un rendement stable et un fourrage appétant et équilibré. C’est aussi une culture peu coûteuse avec 55 €/ha de semences et 15 € de semis en CUMA.

D’autres nouveautés
Jean-Luc a mis en oeuvre d’autres innovations sur son exploitation comme l’utilisation de dolomie dans sa litière. La dolomie, mise en sous-couche sous la paille, évite à celle-ci de s’échauffer et offre de meilleures conditions sanitaires. Pour l’éleveur, « les bêtes sont très propres et semblent apprécier cette pratique qui réduit aussi le nombre de mouches ». De plus, le paillage est moins fréquent avec une meilleure tenue de la litière dans le temps. Enfin, le fumier, de meilleure qualité, fait office de produit de chaulage pour les prairies.
Autre innovation mise en place cette année, le semis direct des cultures de printemps. Pour dégager du temps pour les animaux et la gestion de l’herbe au printemps, les travaux de semis sont délégués à un voisin. Les objectifs visés sont de réduire les coûts d’implantation, gagner du temps et d’améliorer les sols. Cette première année de semis direct a été très réussie.
La prochaine étape sera l’implantation d’une nouvelle haie, en bordure de l’îlot pâturé. Intéressante pour fournir abri et ombre à ses bêtes, cette haie s’inscrit aussi, vertueusement, dans l’ensemble des actions suggérées par le Plan carbone effectué sur la ferme et visant à diminuer les pertes de carbone et/ou à en stocker.

Les chiffres-clés de l’exploitation
SAU :

  • 45,3 ha, dont :
  • 4,75 ha de maïs grain en semis direct,
  • 5,1 ha d’association maïs/lablab en semis direct,
  • 3,7 ha de soja en semis direct,
  • 31,7 ha de prairies temporaires et permanentes :
  • 26 ha regroupés autour des bâtiments,
  • 5,7 ha dédiés aux stocks en première et deuxième coupes, dont 5 en fauche précoce,
  • 20 ha de près de fauche mis à disposition.

Troupeau :

  • 50 vaches allaitantes de race limousines, plus la suite.
  • Vêlage à 30 mois pour un IVV de 370 jours.

UMO : 1

Contact : Patrice Mahieu, Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques