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Économie et efficience de l’irrigation

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La gestion des apports d’irrigation au plus près des besoins et de façon homogène sur la culture est un enjeu fort. Des matériels et des méthodes existent pour rendre l’irrigation plus efficace et pour en optimiser les coûts.

L'’irrigation, comme d’autres facteurs de production, n’échappe pas au contexte économique actuel difficile. Hausse de l’énergie et du prix des pièces de rechange, par exemple, sont autant de charges supplémentaires à juguler pour ne pas faire exploser ce poste de dépenses. De plus, utilisant l’eau comme intrant, l’irrigation n’échappe pas au contexte climatique, surtout en ce début de campagne 2022. Dans la région, la pluviométrie mensuelle moyenne de ce printemps a été inférieure de 3 à 4 fois aux normales. À cette sécheresse, se sont cumulées des températures au-dessus des normales sur les mois de mai et de juin.

Limiter la hausse des coûts
Résultats ? Des déficits hydriques et des recours à l’irrigation précoces, enregistrés dès la première décade de juin. La maîtrise de ces apports d’irrigation et l’augmentation de leur efficience sont donc un enjeu important afin de limiter le coût des charges. En d’autres mots : irriguer au bon moment, au bon endroit, en bonne quantité, et pas en excès, pour valoriser la production, sans être un facteur limitant.
Plusieurs possibilités peuvent permettre de limiter la hausse des coûts de production et économiser ses apports d’eau pour gagner en productivité. Par exemple, le Groupement des irrigants 64, via l’achat groupé d’électricité pour ses adhérents, a permis une maîtrise de la hausse de l’énergie avec un contrat négocié pour un grand volume. Grâce à cet achat groupé, la hausse des prix d’énergie a été tamponnée avec une augmentation de 10 % par hectare par rapport à 2021, là où l’augmentation pourra aller jusqu’à 275 % dans d’autres territoires.
En termes de matériel, l’installation d’un variateur de vitesse sur la station de pompage permet d’adapter le fonctionnement à la demande et ainsi réduire la consommation d’énergie. Ce type d’équipement est particulièrement recommandé sur les systèmes nécessitant un contrôle de débit et de pression (ex : plusieurs matériels d’irrigation en simultané). Il peut entraîner, entre autres, des économies d’énergie de 15 à 40 %.
Outre la gestion du coût de l’énergie, la gestion des apports d’irrigation au plus près des besoins et de façon homogène sur la culture est un enjeu fort. Cela permet d’optimiser le volume apporté tout en garantissant les rendements et d’économiser potentiellement les quantités perdues actuellement par dérives du vent, par arrosage en dehors de la parcelle ou par pertes dues à des fuites. En aspersion par exemple, pour 10 mm apportés théoriquement, seuls 7 sont valorisés par la plante si de mauvaises conditions d’application sont réunies. Une évaluation simple de l’homogénéité d’apport peut être réalisée via des relevés pluviométriques le long du parcours de l’enrouleur avec un contrôle de la vitesse d’enroulement. L’angle d’arrosage du canon (entre 220 et 240°, symétriques, et 30 secondes par demi-secteur) est un facteur également déterminant.

Améliorer l’efficacité de l’irrigation
Des méthodes existent pour limiter les pertes par dérives. Le contrôle de surplus de pression au canon est important, tout comme l’adaptation des espacements de passage de l’enrouleur en fonction de la sensibilité au vent et de sa direction. Un surplus de pression entraîne une brumisation et donc une sensibilité accrue.
Enfin, afin de limiter l’arrosage en dehors de la parcelle cible (arrosage des routes, des bordures boisées…), des équipements de canon sont disponibles : le Gun Corner de chez DiPalma, par exemple, fonctionne comme brise-jet et permet d’irriguer les coins tout en limitant la portée en bout de champ. Concernant le pilotage des apports en fonction des besoins de la culture, les sondes tensiométriques peuvent être un allié indispensable. Elles permettent de connaître l’état de la réserve en eau du sol disponible pour la culture à un instant T et apportent un appui dans la prise de décision. La chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques, via le programme régional Ogaya, met en place un suivi tensiométrique sur plus de 30 parcelles de référence, sur différents contextes agro- pédoclimatiques représentatifs de l’irrigation départementale. Ces suivis sont disponibles dans le bulletin hebdomadaire rédigé et envoyé aux irrigants.
Ainsi, il est possible à chaque irrigant de s’identifier à une ou plusieurs parcelles permettant un appui dans sa prise de décision. Le bulletin donne, également, des informations sur les besoins hebdomadaires en eau des cultures et fait un point agronomique sur les cultures de manière territorialisée. Tout cela en s’appuyant sur des données météo journalières d’une dizaine de stations départementales.

Contact :
Florian Delaunay
conseiller irrigation Chambre d’agriculture 64

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