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Téléchargez le bulletin fourrages du 23 juin

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Zoom sur les hannetons

SITUATION AU 21 juin 2020 

D'après les relevés Météo France, les températures cumulées atteintes (comptées à partir du 1er février) varient de #16451 (plateau de GER) à 1943 degrés-jour (°Cj) (secteur ANGLET) ; ils sont de 1687 à UREPEL, 1710 à OLORON, 1813 à UZEIN et 1851°Cj à AICIRITS.
Les simulations de calculs pour la zone Montagne, à partir des stations d'OLORON et d'UREPEL, donnent des cumuls atteignant les 1490 °Cj à 600m, 1395 à 700m, 1315 à 800m et 1150°Cj à 1000m.

Les cumuls de température sont, en ce moment et en zone plaine et piémont, de plus de 100 degrés-jours par semaine ; ils sont de près de 85°Cj en zone montagne, de 600 à 800m.
Les précipitations de ces dernières semaines ont pu être abondantes, voire violentes localement ; il semble que l’on entre maintenant dans une période chaude et sèche, prévue par Météo France comme la tendance de cet été ...
 

A FAIRE CETTE SEMAINE 

Les cumuls de températures, utilisés pour les 1ers cycles de végétation, importent peu maintenant ; les repousses sont dorénavant conditionnées à la disponibilité en eau et à la « hauteur » de ces températures.
Dans un objectif d'optimisation de la valeur alimentaire, ces repousses sont à utiliser idéalement avant 60 jours, voire plutôt 45 jours pour une prairie où les légumineuses sont majoritaires. L’intégration, dans le tour de pâturage, de parcelles précédemment fauchées permettra d’allonger ces temps nécessaires à une bonne préservation de la végétation. Ce sont toutefois les quantités d’herbe disponibles qui dicteront la possibilité de faire pâturer, ou non.
Il importe toujours, et particulièrement au vu des prévisions pour cet été, de ne pas raser les prairies, pour en préserver le couvert. C’est le point de vigilance à avoir en pâturage continu (= grandes parcelles offertes à la pâture par un petit troupeau), pour lequel un temps de séjour long conduira à des mosaïques de végétation sur- et sous-pâturées, avec à terme appauvrissement voire disparition des bonnes espèces. Certes plus contraignante, une conduite aux fils (avant et arrière) ou en parcelles redivisées pour maximum 5 jours de séjour, sera moins contre-productive.

Avoir en tête ce repère : en dessous d’une hauteur d’herbe moyenne de 4 cm sur toutes les pâtures, les animaux doivent être maintenus et affourragés sur une seule parcelle « sacrifiée » ou au bâtiment.

En cas de manque de fourrages mis en évidence par un bilan fourrager, les semis de dérobées estivales sont toujours possibles, idéalement jusqu’à mi-juillet (cf. graminées estivales).

Et toujours : pensez aux analyses de valeur alimentaire. Des kits de prélèvement sont disponibles dans nos antennes ou sur demande. Le dépôt d'échantillons est possible à tout moment.
 

RÉPONSES À QUESTIONS POSÉES : 

Utilisation du topping (ou fauche-broute) : meilleure consommation si l’herbe est bien sèche
Constat d’éleveur : ses bêtes (vaches allaitantes) ont le mieux consommé l’herbe fauchée lorsqu’elle avait été coupée la veille dans l’après midi, et donnée à consommer le lendemain, après la rosée…
Le bénéfice du préfanage sur l’appétence d’une herbe passée (qui aurait été mal consommée si donnée sur pied) se perd avec l’humidité.
 

Vol de hannetons en vallée d’Aspe
Un vol impressionnant de hannetons a été signalé il y a quelques jours sur le plateau de Lhers, à ACCOUS. Les insectes prélevés ont été identifiés par la FDGDON comme étant des hannetons horticoles :
Contrairement à d’autres espèces de scarabées dont le cycle de développement court sur 2 voire 3 ans (comme pour le plus répandu, le hanneton commun), cet insecte se développe sur une année seulement.

Bien que les cycles biologiques (et les rythmes d’apparition des larves) d’une espèce à l’autre soient différents, les dégâts provoqués par des pullulations de ces larves sont similaires.

Les vols du hanneton horticole, rasants, ont lieu habituellement en fin de printemps - début d’été un peu plus tard que ceux du hanneton commun, par beau temps. Les adultes, contrairement à ceux de cette dernière espèce, font habituellement peu de dégâts de défoliation sur les arbres.
    
Comme pour tous les scarabées, les pontes sont facilitées par une végétation rase de la prairie.
Les éclosions ont habituellement lieu une quinzaine de jours après les vols, soit, ici, autour de début juillet. La mise en œuvre d’un pâturage "serré" pourra être opportune pour claquer des pontes et de
 
jeunes larves tant qu'elles sont à faible profondeur, si un comptage de ces insectes par sondage à la bêche en révèle une forte présence.
Pour le hanneton horticole, le seuil d’intervention est cependant plus élevé que pour le hanneton commun : de 50 à 100 larves / m² (contre 20 à 30 ; source suisse).

Mais c’est plus âgées, plutôt en fin d’été, que ces larves sont les plus voraces.
Une intervention mécanique pourra alors être nécessaire, toujours selon le suivi des populations larvaires par sondage, en augmentant la profondeur de recherche.
Une zone de dessèchement sur pied de l'herbe peut signaler une infestation de larves ; l’herbe se soulève alors aisément par plaques, signe de la disparition des racines.

Les larves de hannetons (quelle que soit l’espèce) sont sensibles aux chocs et à la déshydratation.   En cas d’infestation et de couvert herbacé peu vigoureux (faible pousse), il importera d’intervenir mécaniquement, par passage d’un outil en "journée chaude et ensoleillée" : les larves, exposées, mourront de chaleur et/ ou par prédation (et les poules en sont particulièrement friandes, aussi ...).

Le rotavator / rotalabour ou la herse rotative sont les outils donnant les meilleurs résultats.
Faute de mieux, un aérateur de prairies, incliné de manière à travailler agressivement, permettra d'approfondir la zone travaillée par rapport à une utilisation classique ... mais demandera probablement plusieurs passages.

Il est très probable que d’autres espèces de hannetons soient aussi présentes ; le plus fréquent, le hanneton commun dont le cycle court sur 3 ans, a ainsi déjà été relevé par ailleurs (sur LESCUN, BILHERES, ….) ; et un vol a été signalé ces jours-ci autour de DENGUIN…

Il importe donc, sur les secteurs concernés, d’être particulièrement vigilant à la présence de vers blancs (sondages réguliers à faire) afin d’intervenir au plus tôt, avant destruction totale du système racinaire des espèces prairiales.
N’hésitez pas à nous faire parvenir, au besoin, des larves / adultes pour identification.

Contact : Marie Claude MAREAUX - CHAMBRE D'AGRICULTURE 64 - 05 59 80 69 92 - mc.mareaux@pa.chambagri.fr