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Transition énergétique : retour sur la journée du 11 décembre 2018

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Ce mardi 11 décembre à la mairie de Morlàas, la chambre d’agriculture a organisé la journée de la transition énergétique. L’occasion de favoriser les échanges mais aussi de partager connaissances et expériences entre différents acteurs (institutionnels, privés, collectivités…) sur des actions de mise en œuvre de la transition énergétique.

« Aujourd’hui, l’agriculture se doit d’être présente dans le débat de la transition énergétique car nous sommes à la fois véhicule économique, de développement mais aussi initiateur et promoteur de solutions », souligne Guy Estrade, le président de la chambre d’agriculture. Et d’ajouter que « les agriculteurs sont des consommateurs d’énergie, mais ils peuvent aussi être des producteurs d’énergies vertes. La chambre d’agriculture doit apporter de la valeur ajoutée aux agriculteurs tout en renforçant l’activité et l’attractivité des territoires. »

Selon lui, la réflexion doit être menée sur l’ensemble des activités. Ainsi, la question de la transition énergétique s’opère aussi à l’échelon des communautés de communes, car c’est une question de développement des territoires. « C’est la raison pour laquelle la chambre d’agriculture est aux côtés des collectivités pour leur montrer le rôle que peut jouer l’agriculture pour atteindre les objectifs fixés », précise Guy Estrade.


L’agriculture au cœur du débat


« La volonté des collectivités, à travers le plan climat air énergie territorial (PCAET), est de s’inscrire dans un projet de territoire à énergie positive. Toutes les activités économiques y seront, de près ou de loin, impliquées pour essayer d’atteindre ces objectifs », indique Thierry Carrère, conseiller départemental mais aussi vice-président de la CCNEB (communauté de communes du Nord Est Béarn). Le PCAET, que toute collectivité de plus de 20 000 habitants est tenue de mettre en œuvre, a deux objectifs principaux : la réduction des consommations d’énergie et des gaz à effet de serre mais aussi l’adaptation aux changements futurs, en réduisant la vulnérabilité du territoire.
Selon l’élu du conseil départemental, il est important d’être pragmatique sur le sujet : « L’agriculture, depuis une dizaine d’années, a été la plus malmenée en termes de normes, sans compensation ; il faudra accompagner les exploitations vers cette transition sur des projets pleinement réalisables, co-construits et partagés avec les communautés de communes. »

L’énergie est un domaine en perpétuelle évolution, technique, économique ou encore réglementaire. Le photovoltaïque est une forme de production d’énergie renouvelable, mais il en existe d’autres comme la méthanisation, le bois énergie. Autour des élus de la chambre d’agriculture — Jean-Michel Patacq (référent méthanisation), Maryvonne Lagaronne (référente photovoltaïque) et Jean-Jacques Chalmeau (référent bois énergie) —, ces trois thèmes ont été abordés lors d’ateliers. Les élus consulaires se disent conscients que des économies d’énergie peuvent être encore réalisées sur les exploitations. En ayant une approche « filière », avec des programmes comme « Ferme bovins viande bas carbone », « les 2 pieds sur terre » pour les bovins, ou encore en utilisant des techniques de piégeage du carbone — notamment via la mise en place des couverts inter-culturaux —, la chambre d’agriculture œuvre dans ce sens.

Enfin au travers du développement de la méthanisation, les agriculteurs deviennent producteurs de gaz vert, tout comme ils participent déjà à la production d’électricité verte. Autour de la table, chacun est donc persuadé qu’il est important que la société toute entière soit associée à cette réflexion, pour œuvrer dans le même sens et communiquer sur ces nouvelles technologies de production d’énergie.

« Pour nous aider à construire ce projet, on compte sur les représentants des communautés de communes, les maires des communes rurales, l’association des maires, mais aussi sur la recherche fondamentale : on ne pourra pas s’extraire de la formation, initiale ou qualifiante, sur ces nouveaux métiers et cette nouvelle approche de nos métiers, insiste Guy Estrade. Les années 2000 ont marqué un tournant pour notre agriculture, qui est passée d’un schéma de simple production à un schéma de producteur transformateur, avec aujourd’hui plus d’un tiers des installations avec un projet de vente directe. Le schéma qui nous attend, celui sur lequel on sera pertinent, c’est celui d’ouvrir de nouvelles productions, de nouvelles compétences sur nos métiers, sur nos exploitations. »


Climafilagri
Les chambres d’agriculture se préparent à ce chantier comme l’a expliqué Annabelle Gallitre, de la chambre régionale d’agriculture, en présentant Climafilagri, une démarche globale agricole préconisée par l’Ademe pour la mise en œuvre d’actions sur le territoire : « À partir des douze diagnostics départementaux et du diagnostic régional prenant en compte les données agricoles et sylvicoles, il s’agit d’établir un plan d’action co-construit, innovant, réaliste et efficient. La volonté étant d’engager une dynamique auprès des filières. » À ce sujet, Joël Dupont, de la chambre d’agriculture 64, a précisé que douze techniciens ont été formés pour réaliser les diagnostics ; « L’équipe est aujourd’hui totalement opérationnelle. »