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La maîtrise des charges

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Les charges d'un atelier Bovins Viande sont multiples, et n'ont pas toutes la même importance. Selon l'Institut de l'Elevage, la rentabilité de l'atelier dépend plus de la production brute de viande vive que du niveau des charges .

Il faut notamment être prudent vis a vis de la tentation des " fausses économies "  (impasses ponctuelles sur des correcteurs azotés, économies en matière de conseil en élevage) qui risquerait de compromettre la bonne productivité du troupeau, qui doit toujours rester l'objectif premier.

Il est par conséquent indispensable de connaître ses charges, et de les hiérarchiser en évaluant leurs poids respectifs sur le coût de production avant de chercher à les diminuer.

Matériel et équipement : un poste majeur à raisonner

  • Dans les systèmes herbivores, le poste "mécanisation" (entretien et amortissement du matériel, achat de petit matériel, travaux par tiers, carburant et lubrifiant consommés par l'atelier) arrive en 1ère position. En bovins Viande, il représente en moyenne près de 40% du coût de production total.
  • En outre, le réseau régional des fermes de référence confirme une augmentation considérable et récente, des charges de structure de +48% sur les 7 dernières années, en lien avec la " course à l'équipement " et la diminution de la main d'œuvre disponible. Les solutions matérielles sont souvent privilégiées par rapport à des changements de conduite qui contribueraient pourtant à diminuer l'astreinte (regroupement des vêlages, changements des rythmes de distributions alimentaires, conduite des broutards). Les charges de structure atteignent aujourd'hui des niveaux inédits, dépassant parfois les 1000 euros à l'hectare.
  • Un diagnostic du parc matériel mérite d'être posé chez la majorité des éleveurs, avec des leviers d'économie majeurs. La FDCuma (05 59 80 70 06) est l'interlocuteur local du conseil dans ce domaine (diagnostic du parc matériel au regard des besoins d'utilisation, voies alternatives adaptées au contexte : délégation, entreprises, copropriété, CUMA,...). 

Témoignages d'éleveurs

  • " J'ai réalisé qu'il valait mieux investir dans le bâtiment que dans le tracteur "
  • " Le passage en Cuma nous a permis de diminuer de 6 à 1 le prix de la balle enrubannée, et de nous équiper en matériel de fenaison de grande largeur pour avoir un plus grand débit de chantier à moindre coût "
  • " J'ai acheté une mélangeuse distributrice en copropriété "

Maîtrise du coût alimentaire et autonomie

Le coût alimentaire représente le 2ème poste de charges, et pèse pour plus des 2/3 des charges directes. Il correspond bien entendu à l'achat d'aliments (concentrés et fourrages), mais aussi aux coûts de production portés par les surfaces destinées aux bovins (prairies, cultures fourragères, dérobées et céréales autoconsommées).2 leviers d'amélioration ont été identifiés.
 

Concentrés : peser les quantités distribuées afin de les réduire.

On constate dans la région une plus grande autonomie que la moyenne nationale grâce à une importante disponibilité du maïs. Par contre, les niveaux de consommation en concentrés par UGB dans nos systèmes ont sensiblement progressé (+ 34% en 10 ans au niveau de l'échantillon constant des fermes de références d'Aquitaine) et atteignent aujourd'hui le double de la moyenne nationale pour les naisseurs et le triple pour les naisseurs engraisseurs !

Témoignages d'éleveurs

  • " Il y a chez nous un aspect culturel très important : nous avons la maïs sous la main, et on l'utilise sans trop compter "
  • " Le maïs grain humide et la ration sèche simplifient beaucoup le travail "
  • " Un chantier de battage est plus facile à tenir qu'un chantier d'ensilage "
  • " Le format des animaux a évolué, avec des durées de finition qui se sont allongées "
  • " Le marché italien nous demande d'alourdir nos broutards, que nous alimentons à volonté "
  • " Avec l'agrandissement des troupeaux, nous avons aussi changé nos formes de distribution ; on n'utilise plus de sacs de 25 kg "
  • " Les fabricants d'aliments ont un parti pris lorsqu'ils calculent nos rations "
  • " Je me suis équipé d'un peson dans mon bâtiment, et je repèse régulièrement les seaux que je distribue. "
  • " Je dois me faire aider pour recalculer les rations que je donne aux vaches suitées. "

Autonomie protéique : une voie majeure d'économie qui passe par une meilleure valorisation des prairies.

  • Avec 21% de moins que la moyenne nationale, c'est l'autonomie protéique qui affiche la plus grande marge de progrès. Logique, dans des systèmes pour lesquels le maïs est souvent le pivot du système alimentaire.
  • L'essentiel de la complémentation repose sur l'achat de correcteurs azotés, fraction la plus coûteuse et la plus sujette aux fluctuations de prix ces dernières années. De façon assez homogène entre élevages, la dépendance aux achats de matière azotée est forte (elle représente en moyenne pour le groupe 34% des besoins annuels en Matière azotée Totale).
  • Sur la base des cours actuels du tourteau de soja, la marge d'économie potentielle en moyenne pour les 31 élevages représente plus de 230 € par UGB.
  • Ce potentiel est à " reconquérir " prioritairement par une meilleure valorisation des prairies (amélioration des pratiques de fauche et de pâture), puis par l'introduction de fourragères de qualité (type luzerne ou associations graminées/légumineuses), et en dernier lieu, par l'introduction de dérobées, voire l'ouverture de l'assolement à des protéagineux (rotations complexes).
  • Cette recherche d'autonomie alimentaire concerne prioritairement la partie "naissage" (conduite des reproductrices et des élèves), les itinéraires de finition étant, dans notre contexte local, beaucoup plus encadrés commercialement sur des rations concentrées.

Témoignages d'éleveurs

  • " La PAC ne nous a pas incités à cultiver nos prairies. Elle nous a poussé à intensifier une partie de nos surfaces, et à extensifier l'autre. En plus, les prairies sont souvent les parents pauvres de la conjoncture : les premiers intrants économisés sont sur les prairies "
  • "L'autonomie totale sur les reproductrices et les élèves doit être possible ; j'ai engagé une réflexion autour du zéro soja "
  • " On a tout à gagner en gérant mieux les prairies "
  • " Je suis passé d'un système tout foin à de l'ensilage d'herbe au printemps ; j'ai amélioré la qualité de ma ration de base "
  • " La fauche précoce, enrubannée ou ensilée, améliore la qualité du fourrage et décale en plus la période d'exploitation de l'herbe "
  • " J'ai mis en place le pâturage tournant depuis plusieurs campagnes ; non seulement ma période de pâture s'allonge, mais j'ai constaté que la qualité de mes prairies s'était améliorée "
  • " J'ai pu faucher toutes les 6 semaines, avec 6 coupes d'herbe sur la dernière campagne. J'ai eu des analyses avec 22% de MAT sur des prairies naturelles "
  • " J'ai introduit de l'enrubanné dans mes rations de finition de jeunes bovins "

Contact

Thierry Deltor

Chargé de mission Bovin viande

Tél : 05 59 90 18 39 / 06 70 88 45 00

Fabienne Marque

Assistante Filières

Tél : 05 59 80 70 15

Anne Prévost

Conseillère Bovins Viande - Bovins Croissance

Tél : 05 59 90 18 47 / 07 89 87 33 67